Les investisseurs étrangers sont devenus des acteurs si importants du marché immobilier canadien que l’industrie pourrait souffrir s’ils décidaient de tous se retirer du jeu en même temps.
Agence QMI
Les investisseurs étrangers sont devenus des acteurs si importants du marché immobilier canadien que l’industrie pourrait souffrir s’ils décidaient de tous se retirer du jeu en même temps.
Vancouver Photo : Reuters
À Vancouver, par exemple, les acheteurs chinois qui achètent des condos et des maisons à plus de 2 millions $ sont de plus en plus nombreux. Ils représenteraient jusqu’à 20 % des ventes effectuées dans la ville.
« Il suffirait que ce groupe [d’acheteurs] disparaisse pour que le marché se mette à tourner au ralenti », a expliqué Benjamin Tal, économiste à la CIBC et auteur d’un rapport sur l’immobilier au pays.
Or, Vancouver n’est pas une exception. Le même phénomène existe ailleurs, comme à Montréal et à Toronto, en raison de l’intérêt d’acheteurs cette fois européens.
D’après M. Tal, si les investisseurs étrangers décidaient de délaisser ces villes, le marché immobilier y tournerait au ralenti, tout comme ce serait le cas à Vancouver.
Diverses raisons pourraient pousser cette catégorie d’acheteurs à quitter le pays. Les spéculateurs pourraient, par exemple, choisir de revendre leurs biens afin d’investir dans un autre domaine, plus rentable.
La stabilité du marché immobilier canadien et les retours sur investissement qu’il continue de garantir ne font toutefois pas, pour le moment, de cette hypothèse un sujet de préoccupation majeure. Mais il y en a d’autres.
Des experts en immobilier, réunis la semaine dernière pour un colloque organisé à l’Université de Toronto, en ont identifié quelques-uns.
Tout d’abord, le prix des locations progresse moins vite que la valeur des bâtiments. Si l’écart continue à se creuser, les propriétaires, et notamment les étrangers, pourraient éprouver des difficultés à payer leurs hypothèques et être forcés de vendre. S’ils vendent tous en même temps, le marché en souffrira.
L’instauration d’une taxe sur les acquisitions effectuées par des étrangers pourrait aussi avoir des conséquences désastreuses sur le marché, selon Stephen Moranis, fondateur de la firme Prudential Sadie Moranis Realty.
En dissuadant les étrangers d’investir, une telle taxe permettrait de faire baisser les prix et de mettre l’immobilier un peu plus à la portée des travailleurs canadiens. Le gouvernement pourrait donc être tenté de passer à l’acte, craint M. Moranis.
Pour le moment, toutefois, aucune taxe de ce genre n’est au programme à Ottawa.