L’Eglise doit être imposée sur les biens immobiliers qu’elle exploite commercialement, a affirmé un ministre italien, alors que les voix se multiplient en Italie pour qu’elle soit davantage taxée sur son gigantesque parc immobilier.
Selon le ministre de l’Intégration et de la Coopération internationale, Andrea Riccardi, cité par la presse de vendredi, l’Eglise devrait payer un impôt immobilier « en cas d’activités commerciales ».
M. Riccardi, qui est le fondateur de l’influente communauté catholique Sant’Egidio, faisait référence à une taxe municipale imposée aux Italiens, qui fait partie des mesures draconiennes d’austérité adoptées cette semaine par le Président du Conseil Mario Monti.
Selon le ministre, il est inutile de déclencher « une grande confrontation » entre l’Eglise et l’Etat sur la query des impôts, automobile il « est préférable de vérifier au cas par cas et de n’intervenir que dans les cas de mauvaise foi ».
L’Eglise catholique est exemptée par la loi de l’impôt immobilier quand ses propriétés servent au culte et à des activités éducatives, sociales, sanitaires. Elle y est assujettie quand l’exploitation de ses propriétés est purement commerciale.
Mais elle peut y échapper si leur destination n’est pas uniquement commerciale, par exemple s’il y a une chapelle dans un hôtel. Une « zone grise » vivement dénoncée, alors que le patrimoine directement ou indirectement contrôlé par l’Eglise et par le Vatican est évalué en Italie à 20% de l’immobilier total.
Le quotidien La Repubblica cite des exemples de propriétés de l’Eglise à Rome qui sont des affaires avantageuses et qui sont exemptées de l’impôt immobilier comme le restaurant français « l’Eau Vive » près du Panthéon ou l’hôtel quatre étoiles « Ponte Sisto ».
« L’Eglise bénéficie d’exemptions comme tous les organismes non commerciaux. Il n’y a pas de privilèges », rétorque dans le quotidien Corriere della Sera Giuseppe della Torre, président du tribunal de l’Etat du Vatican.
Une pétition sur net, pour que l’immense patrimoine immobilier de l’Eglise soit taxé, a déjà recueilli plus de 70.000 signatures. Mais l’Eglise parle d’une « campagne de mystification ».
